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Réglement Prix Meurice
La création artistique a toujours été, depuis 1835, un élément essentiel de l’art de vivre à l’Hôtel Le Meurice. Dans cet hôtel, l’art se confond avec un certain génie français, car ce luxe-là est de nature à exprimer la créativité et l’innovation. Il consacre plus qu’un savoir-faire, un état de l’art à son plus haut.
Le Meurice est connu depuis le XIXe siècle pour avoir été la demeure des têtes couronnées – la Reine Victoria, le Maharajah de Jaïpur ou le roi d’Espagne Alphonse XIII (et bien d’autres jusqu’à ce jour) y eurent leurs habitudes. Mais pas seulement : des écrivains et des artistes y furent aussi royalement traités. Charles Dickens, l’auteur de David Copperfield pouvait y croiser son compatriote William Thackeray. L’auteur de Barry Lindon et de Vanity Fair ne tarit pas d’éloges à son propos dans The Paris Sketch Book (1840). Dans les années 30, Coco Chanel (1883-1971) y organisait de fastueuses réceptions et Florence Gould, la milliardaire et mécène franco-américaine (1895-1983) des déjeuners littéraires très prisés. Grâce à elle, Le Meurice abrita l'un des derniers salons littéraires de Paris où venaient de nombreux écrivains et artistes : Jean Paulhan, Roger Nimier, François Mauriac, Paul Léautaud et Paul Morand, Jean Cocteau et Jean Giraudoux, Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, mais aussi les peintres Marie Laurencin, Maurice de Vlaminck, Kees Van Dongen, Georges Braque, ainsi que Salvador Dalí et sa femme Gala.
Salvador Dalí fût sans doute l’hôte le plus remarquable du Meurice. Il y a occupé un mois par an et pendant plus de trente ans l’ancienne suite royale d’Alphonse XIII, la transformant aussitôt en atelier où le personnel lui fournissait autant d’assistants que nécessaire, quand il s’agissait d’y faire monter des chèvres, un cheval ou une motocyclette. A moins qu’il ne soit question de capturer des mouches - celles-ci étant pour Dalí matière à réflexion philosophique. C’est au Meurice que celui-ci organisa en novembre 1967 une exposition intitulée "Hommage à Meissonnier" réunissant autour de son tableau La Pêche au thon (Collection d’entreprise Pernod-Ricard) des tableaux de Meissonier, Detaille, Neuville, Boldini et Gustave Moreau. Pierre Cardin a aussi été le témoin d’un véritable happening qu’il a raconté sur France-Inter (30.11.2004) : "Ayant convoqué la presse dans sa suite où il avait préparé des sacs en papier remplis de peinture liquide, Dalí, solennellement, s’avança sur le balcon et jeta les sacs de peinture sur les voitures en stationnement : la "peinture explosion" venait de naître!"
Aujourd’hui, l’empreinte de Dalí est encore visible dans la touche légèrement "surréaliste" de la rénovation dirigée au cours de l’année 2007 par Philippe Starck tandis que sa fille Ara Starck a réalisé une toile monumentale (145m2) tendue en clef de voûte sous la verrière du "Dali" le restaurant où officie le chef (3 étoiles) Yannick Alléno. On remarquera en particulier la réinterprétation de la chaise Louis XVI avec cannage en rotin et feuilles d’argent de Sam Baron, inspirée du fauteuil vis-à-vis "Dali de Gala" dessiné par Dali, ainsi que la chaise Léda pourvue de pieds humains, partie du corps que le Maître catalan considérait comme essentielle.
La création du Prix Meurice pour l’art contemporain accompagne le mouvement du Meurice dans son tournant résolu vers l’avenir. Cette autre manière d’affirmer cette volonté s’exprime ainsi par la mise en oeuvre d’une action exercée au titre du mécénat d’entreprise. Le Meurice, entreprise mécène, fidèle à son héritage et à l’intérêt qu’elle porte à l’art de son temps, apporte un soutien matériel à une activité sans but lucratif : il s’agit de soutenir un artiste émergeant de la scène française pour l’aider à se faire connaître à l’étranger.
Ainsi le Prix Meurice pour l’art contemporain se définit-il comme un prix international. Tous les modes d'expression des arts plastiques et visuels sont concernés : peinture, sculpture, installation, photographie, vidéo, etc. Doté de 20.000-€, il sera décerné par un jury de professionnels chaque année, sur projet, solidairement à un artiste âgé de moins de 50 ans travaillant en France et à la galerie avec laquelle il entretient des relations directes.
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